Confessions de Katharine Mott

Rapport sur les rivières |

OK - c'est l'heure des aveux, alors je me lance ! Il y a bien longtemps, un peu plus tard que le début des temps, j'ai pêché dans les rivières de la Gaspésie....mais pas légalement. Mon père était pilote de port à l'époque où les communications navire-terre n'existaient pas encore. Je le rejoignais souvent dans ses fonctions de pilote. Il avait une idée approximative de la date à laquelle un navire destiné à Dalhousie NB était attendu, attendait dans la baie des Chaleurs, parfois pendant des heures ou une journée ou plus, et guettait les signes du navire à l'horizon. Il montait alors à bord du navire et le guidait jusqu'au quai pour le chargement. Je ramenais le bateau-pilote à son poste d'amarrage. De même, lors du départ du navire, j'emmenais le bateau-pilote le chercher lorsque le navire était en route en toute sécurité.  

Le fait d'être dans la baie pendant de longues périodes nous permettait de pêcher la morue à la turlutte ou de glisser vers les rivières du côté de la Gaspésie et de faire un peu de pêche à la mouche avec des amis de papa qui étaient guides dans des camps privés ou qui connaissaient des endroits secrets cachés aux gardiens et aux autres autorités. C'est ainsi qu'a commencé mon addiction à ce sport ! Oui, nous savions que c'était illégal, mais la passion de lancer une mouche sur ces eaux limpides l'emportait sur notre conscience. 

La rivière que nous pêchions le plus souvent était la Grand Cascapédia, la rivière aux longs parcours, aux boucles rapides et à l'eau limpide. La rivière des rêves ! C'était à l'époque, bien avant la remise à l'eau des prises, et notre bateau contenait généralement quelques grands saumons à notre retour à la maison. En tant qu'adulte, je repense à mon enfance de pêcheur clandestin et je me dis que j'étais peut-être là pour nous protéger au cas où nous serions accostés par les autorités, ce qui arrivait parfois. La voix de mon père disant "Je ne faisais qu'apprendre à la petite fille à pêcher" résonne dans ma mémoire !   

Une autre image qui me vient à l'esprit est celle d'une petite cabane, probablement une cabane de guides, avec des couchettes, des meubles branlants et des hommes avec des guitares et des violons....et du rhum et des cigarettes. Et des rires et des coups de pied à profusion ! La phrase "Ne le dis pas à ta mère" résonne aussi dans ma banque de souvenirs !

J'ai aspiré à répéter ces jours d'aventure de pêche avec l'effervescence que suscitent les turluttes et les moulinets du Québec. Cette année, je retournerai au Grand Cascapédia - légalement - et je logerai au Salmon Lodge, un peu plus chic que le chalet de ma jeunesse. Ce sera une expérience nouvelle et différente, mais qui fera naître des souvenirs. Je vous en parlerai dans la prochaine Newsletter.

Katharine D. Mott